Publié le vendredi 30 mars 2001
Le manque d'efficacité des herbicides sur ray-grass ou vulpin peut être dû à l'apparition de résistance. Pour s'en assurer, plusieurs tests sont aujourd'hui disponibles.
Le ' Quick test ' (test rapide) de Novartis Agro (Syngenta) consiste à prélever des plantules de ray-grass ou de vulpin à partir du stade deux-trois feuilles à mi-tallage, à l'automne ou au printemps, jusqu'à fin mars, début avril. Ces plantules sont repiquées au laboratoire et traitées. Si l'herbicide n'a aucun effet sur la plantule, elle est résistante. Le test apporte une réponse dans un délai de quatre semaines après le prélèvement. Un test proposé par Dupont fonctionne sur le même principe, mais il n'est disponible que pour le vulpin.Un autre test moins rapide était proposé par Aventis, à partir des graines de l'adventice : elles étaient récoltées en juin, mises en culture à l'automne (obligation d'attendre la levée du phénomène de dormance) et traitées au stade 3 feuilles. La réponse n'était jamais connue avant le mois de novembre. Depuis, Jacques Gasquez, de l'Inra de Dijon, a mis au point un test plus rapide, applicable sur vulpin, ray-grass et folle avoine. Des graines des graminées sont toujours récoltées avant la moisson et envoyées au laboratoire de Dijon et il faut toujours attendre la levée de dormance des semences d'adventices. Mais la réponse est ensuite très rapide : les graines prégermées sont mises en culture dans un milieu contenant de l'herbicide, et en une semaine, il est possible de déterminer si les plantes sont résistantes ou pas à un désherbant. ' Une dizaine de matières actives de différentes familles chimiques sont testées, explique Jacques Gasquez, il est même possible de savoir à quel type de résistance, l'agriculteur est confronté. Si la plante n'est pas résistante, la première feuille restera très petite (moins de 1 cm), s'il s'agit d'une mutation de cible, la taille de la feuille sera équivalente au témoin non traité. Si la résistance agit par détoxication, la feuille sera d'une taille intermédiaire. ' Ce test est proposé en routine depuis l'automne dernier, environ 150 échantillons ont déjà été analysés. A l'automne prochain, il pourrait aussi être pratiqué par d'autres organismes que l'Inra. Des discussions sont en cours. L'Inra de Dijon a également mis au point un test de détection des résistances à partir du pollen des graminées. Les grains de pollen sont mis en culture et fournissent une réponse dans les deux heures qui suivent. D'après Jacques Gasquez, le test est très efficace pour déceler les résistances par mutation de cible. Il est aussi ultra-rapide, mais il n'est pas proposé en routine, car les opérations de collecte du pollen, de transport et de mise en culture sont assez délicates, le pollen doit rester vivant. Les tests réalisés en 2000 par les firmes ou par l'Inra ont concerné plus souvent le vulpin que le ray-grass, non pas parce qu'il existe davantage de vulpins que de ray-grass résistants aux herbicides, mais parce qu'il est plus difficile pour les techniciens de terrain de déceler, avant analyse, les vulpins résistants. Pour les mêmes raisons, parmi les plantes testées, le taux de ray-grass effectivement résistant était plus élevé.
Blandine Cailliez
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