Publié le vendredi 11 août 2006
Le dynamisme des producteurs laitiers américains, océaniens et argentins aboutit à une érosion des cours des produits industriels depuis quelques mois.
Encore plus de lait disponible face à une consommation mondiale qui se contracte, constatait l'Office de l'élevage lors de son dernier conseil spécialisé sur le lait. Voilà qui justifie le recul que connaissent les cours mondiaux du beurre et des poudres de lait depuis le début de l'année. C'est en particulier aux Etats-Unis, à la Nouvelle-Zélande et à l'Argentine que l'on doit cette progression de l'offre. Mais seule l'Océanie a réussi à développer ses exportations au détriment de ses concurrents américains et européens. En Europe, la collecte laitière n'est pas des plus dynamiques depuis le début de l'année. En revanche, aux Etats-Unis, elle a progressé de 4,6 % à l'issue des quatre premiers mois. Côté océanien, le ministère américain de l'Agriculture tablait sur une progression de 1,3 % à l'issue de la campagne 2005-2006, et rien ne laisse penser que le dynamisme argentin, + 6 % en 2005, s'essouffle. Mais les Américains peinent à écouler ces litrages supplémentaires suite à la perte de marché sur le sud-est de l'Asie. Le gouvernement a acheté du lait pour le transformer en poudre (4 000 t) et prévoit de poursuivre jusqu'à la fin de l'année (45 000 t). Les Néo-Zélandais n'éprouvent pas les mêmes difficultés, et seraient même en passe d'accroître leurs exportations de beurre. C'est ce segment de marché qui est le plus affecté par le recul des cours. Après une accalmie jusqu'à la fin de février, la cotation mondiale s'est orientée à la baisse : - 250 €/t en quatre mois. Les poudres s'en tirent un peu mieux mais reculent également, de l'ordre de 140 €/t sur la même période. En Europe, la baisse du prix d'intervention du beurre en juillet n'a rien arrangé. Le cours français se rapproche maintenant du prix d'intervention (2 300 €/t). Cela aura sans doute des conséquences sur les beurres premier prix et à plus long terme sur ceux vendus sous les marques de distributeur, avec forcément un impact sur le prix du lait payé aux producteurs.
E. R.
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