Publié le vendredi 04 juillet 2003
Jean-Luc Egret élève quelques juments dont les poulains s'élanceront peut-être un jour au départ d'un grand prix.
Voila peu, Jean-Luc Egret a confié les rênes de son exploitation céréalière à son fils. Il n'est en revanche pas près de lever le pied pour ce qui concerne son activité d'élevage : celle de juments poulinières. A Tupigny (Aisne), cet agriculteur réserve ses bonnes pâtures à six juments dont l'arbre généalogique abonde en grands noms des courses de trot.' Comme toute activité d'élevage, celle-ci est une affaire de passion ', indique-t-il. Une passion parfois dévorante avec tout ce qu'elle suppose de temps passé et apporte en préoccupations. En termes de fertilité, par exemple : ' Avec six juments, j'obtiens quatre à cinq poulains par an. Une bonne reproductrice donne naissance à trois poulains en moyenne sur cinq ans. ' Ce taux de réussite prend toute son importance vu le prix des saillies, qui démarre à quelques centaines d'euros, mais peut aussi, pour certains cracks, dépasser les 10 000 €. ' Compte tenu de l'enjeu, et aussi parce que j'élève des animaux 'près du sang' plutôt fragiles, je préfère emmener mes juments chez un spécialiste pour le poulinage ', reconnaît Jean-Luc Egret, qui reste malgré tout un naisseur. L'essentiel de ses produits est destiné à la vente auprès d'' investisseurs ' qui apprécient (et négocient) l'animal surtout à partir des carrières de ses ascendants. Vente prenant parfois des formes surprenantes pour qui n'est pas bercé dans le milieu équin : le cédant peut en effet conserver un quart ou une moitié de son animal, ou bien commercialiser en parts un cheval qui devient alors ' syndiqué '. Quelle que soit la formule, le naisseur reste sûr d'une chose : même s'il vend son cheval en totalité, il percevra 12,5 % des gains de son produit durant toute la carrière de l'animal, à condition toutefois qu'il tienne ses promesses. Quinze mille juments poulinières mères de trotteurs sont recensées en France. Elles mettent bas onze mille poulains, dont la moitié parviendront jusqu'au stade des qualifications. Trois à quatre mille d'entre eux participeront à des courses, mais seulement deux à trois cents seront d'un bon rapport pour leur propriétaire. Parmi ces ' finalistes ' sortiront une vingtaine de champions et - qui sait ? - un vainqueur du Prix d'Amérique, l'épreuve mythique au départ de laquelle tout éleveur de trotteurs rêve d'aligner l'un de ses chevaux.
RÉMY SERAI
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres