Publié le vendredi 16 mai 2003
Les traitements lumineux permettent de relancer le cycle sexuel des petits ruminants à contre-saison. Les chercheurs explorent également la voie génétique.
Se passer des hormones pour synchroniser et inséminer les chèvres ou les brebis n'est pas une mince affaire ', annonce Gérard Brice, de l'Institut de l'élevage de Castanet-Tolosan (Haute-Garonne). Parmi les alternatives, les traitements lumineux étalent la venue en chaleur sur une période plus longue, compliquant l'organisation des chantiers d'insémination. Quant à la voie génétique, elle n'en est qu'à ses débuts. ' Le photopériodisme permet de déclencher ou de restaurer le cycle sexuel, explique Gérard Brice. Quand il est associé à l'effet mâle, la venue en chaleur s'étale sur cinq ou six jours, et non pas sur un seul comme avec les traitements hormonaux. ' Cela complique le travail de l'inséminateur, avec une dispersion des manipulations sur plusieurs jours. Peu de moutonniers utilisent cette méthode faute de références technico-économiques suffisantes. Ils sont habitués à l'utilisation des éponges. 26,9 % des chevriers adhérents au contrôle laitier emploient le traitement lumineux à la fois sur les chèvres et sur les boucs. La période d'insémination s'allongeant, ' des recherches sur l'augmentation de la durée de conservation de la semence fraîche sont en cours ', indique Gérard Brice. Les premiers résultats sont encourageants. Chez les ovins, cela permettra d'allonger le délai de distribution de la semence, établi entre six et huit heures après la récolte. Chez les caprins, travailler avec de la semence fraîche permettrait d'utiliser les 35 % de boucs mis de côté parce que leur semence ne peut être congelée. ' L'Institut national de la recherche agronomique de Bourges est prêt à aborder la génétique du désaisonnement chez la chèvre. En France, il n'existe pas de schéma de sélection ovin ou caprin ayant comme objectif principal le désaisonnement. Au mieux, les béliers naturellement désaisonnés, ceux qui sont nés en automne, entrent en station avec une mise à la reproduction au printemps. Dans les élevages, certains conservent des femelles de renouvellement, elles aussi nées à l'automne. En ovin viande, les races rustiques ont pourtant des aptitudes intéressantes pour le désaisonnement et sont utilisées en croisement industriel avec des béliers des races améliorées. Il en est de même pour les races méditerranéennes, mais leur utilisation en croisement n'est pas à l'ordre du jour.
SANDRA LALLEMENT
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