Publié le vendredi 09 mai 2003
Hors Europe, plus des deux tiers de notre blé part vers les pays méditerranéens de plus en plus préoccupés par la qualité.
Rien à faire : destiné dans son intégralité aux meuniers locaux, le blé français exporté vers les pays tiers reste de qualité très moyenne. ' La récolte approvisionne d'abord le marché français puis celui de l'Union européenne. Les pays tiers arrivent en dernière position, constate Philippe Kaspi, directeur de France Export Céréales. Autrement dit, lorsque le taux de protéine moyen de la récolte est de 11,3 %, il sera tout juste à 11 % pour ce dernier débouché. Nous avons souvent vendu à ces pays ce que nous ne parvenions pas à écouler ailleurs '. Une stratégie de plus en plus difficile à tenir car, si le prix reste déterminant, la politique d'approvisionnement des Etats du pourtour méditerranéen se réoriente vers la qualité, souvent identifiée par le taux de protéines. Avec la dérégulation des marchés en Afrique du Nord, les monopoles d'Etat qui recherchaient surtout des prix bas disparaissent. Public et privé entrent donc souvent en concurrence et la donnée ' qualité ' les aide à se démarquer. En Algérie où la dérégulation est totale, les opérateurs argumentent à la fois sur les prix et la qualité. Le pays achète néanmoins toujours massivement français (voir carte), mais ce n'est pas le cas de ses voisins. Exit les relations privilégiées entre Etats, les privés veulent le meilleur rapport qualité-prix. Or, ' le blé français coûte plus cher que le blé mer Noire sans offrir une qualité très supérieure ', note Philippe Kaspi. Ainsi, le Maroc n'achète plus que 30 % de blés français contre 45 % de blés mer Noire. En Tunisie, où le monopole public se maintient, l'Etat se réoriente vers le blé russe. L'Egypte conserve, pour sa part, le droit d'acheter du blé pour produire de la farine subventionnée. Mais il a tout de même relevé son cahier des charges qualité pendant l'été 2002 et exige des lots à 11 % de protéines minimum. Cette année, faute de marchandises adéquates, le pays a baissé ses critères qualité, ouvrant la porte au blé français (voir carte). Mais la récolte mondiale s'annonce meilleure l'an prochain. Conclusion :: les débouchés méditerranéens ne sont pas acquis. La reconquête s'annonce complexe. Pour les organismes stockeurs français, ce sont des clients éloignés, et ce d'autant plus qu'ils traitent souvent avec un intermédiaire, le chargeur.
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