Rechercher

 

  Accueil

 

La France Agricole numéro 2981

Tour d'horizon des dégâts

Publié le vendredi 18 avril 2003

Les cultures ont la vie dure ! L'absence de pluie commence à se faire sentir. Les fortes gelées de la semaine dernière n'ont fait que renforcer les difficultés rencontrées par la végétation depuis le début de l'année. Point sur la situation.

Sole de blé tendre d'hiver en retrait et explosion des surfaces de céréales de printemps : les bouleversements des assolements témoignent bien du caractère atypique des conditions climatiques de l'année. La destruction partielle de certaines parcelles de blé d'hiver ou de colza ne laissent plus aucun doute sur leur sort. Les derniers gels, et la sécheresse qui joue les prolongations, font planer l'incertitude sur les résultats des cultures d'hiver encore en place.

Les céréales, en particulier les orges d'hiver qui étaient passées au travers de la vague de froid de janvier, ont une nouvelle fois été mises à rude épreuve par le gel. Les techniciens restent cependant prudents quant au diagnostic. Dans l'Est, par exemple, le froid vif (inférieur à - 8 °C sous abri par endroit) qui a sévi toute la semaine dernière, ne semble pas avoir fait trop de casse. ' Des cas de gel sur épi en orge sont signalés dans les fonds de vallée, mais le stade des plantes n'étant pas trop avancé, les destructions devraient être limitées ', estime, en Lorraine, Yves Messmer d'Arvalis. ' Ça et là, nous avons repéré très ponctuellement des épis blancs sur les orges d'hiver précoces ainsi que des dégâts foliaires sur orge de printemps, ajoute sa consoeur, Nathalie Bigonneau en Bourgogne-Franche Comté. Mais il est difficile de savoir quelles en seront les conséquences. ' En fait, ce sont les régions les plus précoces (Ile-de-France, Centre jusqu'aux portes du Poitou-Charentes) qui étaient les plus vulnérables, en raison des stades plus avancés des céréales. En effet, plus la plante est proche du stade 2 noeuds lors du gel, plus le risque de voir fondre le nombre de grains par épi est important. Pour ces parcelles, le faible nombre d'épis ne serait donc pas compensé par le nombre de grains. Dans cette situation, le seul espoir d'obtenir un bon rendement repose sur le poids de mille grains, qui est très dépendant du climat.
Et le retour des pluies se faisant attendre, la valorisation du deuxième apport d'azote est complètement bloquée. Tout n'est pas perdu cependant : jusqu'au stade un noeud, les carences azotées et hydriques peuvent être compensées. Il faut donc croiser les doigts et se rappeler qu'en 1996 et 1997, la situation était très similaire et au final, les rendements se sont maintenus.
Dans l'immédiat, aucune intervention ne semble urgente en l'absence de pluie. Les diagnostics Jubil et Ramsès doivent être repoussés tant que le seuil de 20 mm de précipitations après le deuxième apport n'est pas atteint. Les ingénieurs d'Arvalis ne conseillent pas non plus d'apports azotés foliaires, dont l'efficacité au stade actuel des plantes sera faible et très temporaire.

Le colza, réputé pour sa résistance, a payé un tribut moins important que les céréales aux violentes chutes de températures de janvier. Le coup de boutoir porté par la seconde vague de gel, début avril, a été plus lourd de conséquences, écartant définitivement l'hypothèse d'une année record. Dans les parcelles, les traces laissées par ce nouvel effondrement du thermomètre sont parfois spectaculaires, comme l'aspect vitreux et décoloré de certains pieds dans le Nord-Est. Plus fréquemment, du Poitou-Charentes jusqu'en Bourgogne, le gel a imprimé aux plantes un aspect recourbé et flétri. Pour les colzas en pleine floraison d'une large moitié ouest de la France, la descente du mercure sous les - 5 °C a souvent entraîné la destruction d'un étage. Le froid a également amplifié l'effet des piqûres de charançons de la tige. Les pieds à la tige tordue et éclatée sont ainsi les témoins de la conjugaison de ces deux phénomènes.
Pour l'heure, nul catastrophisme au Cetiom, où l'on compte sur la capacité du colza à récupérer grâce à la ramification et à l'élaboration d'étages supplémentaires. Mais ce rattrapage passe impérativement par le retour de la pluie. ' L'eau est nécessaire pour compenser les dégâts du gel, explique Julien Charbonnaud, ingénieur Cetiom dans le Loiret. Il faudrait 40 à 50 mm avant début mai pour que les hampes secondaires puissent monter et remplacer les organes détruits. ' En cas de prolongation du temps sec, le rendement serait affecté par le blocage de l'assimilation de l'azote et le mauvais remplissage des siliques. La sécheresse empêche toutefois les contaminations de sclérotinia, contre lequel aucune intervention ne se justifie. En revanche, on signale déjà la présence d'oïdium, friand de temps sec et de chaleur, en Poitou-Charentes.

Pour les protéagineux d'hiver, la situation est plus tranchée : lupins et féveroles ont été en grande majorité détruits dans la moitié nord de la France. Et dans le Sud, les conditions climatiques exécrables de l'automne ont conduit à repousser massivement les semis vers la mi-février. Dans le nord, malgré un échelonnement des levées dû au temps, la campagne des protéagineux de printemps démarre sous de bons auspices. Les semis les plus tardifs ont parfois été victimes de la forte activité des thrips, et dans une moindre mesure des sitones. Le principal souci provient une nouvelle fois de l'absence d'humidité, qui réduit l'efficacité des désherbages. Dans le Sud, et surtout dans les départements de la Haute-Garonne et du Gers, le manque d'eau commence à se faire sentir sur les pois les plus avancés, qui atteignent 7-8 feuilles. Dans ces secteurs, les rendements pourraient être compromis si aucune pluie ne vient rompre la sécheresse avant la fin avril.

La situation en betteraves est hétérogène, le temps sec ayant étalé les levées. Dans ces conditions, difficile d'évaluer le nombre de parcelles devant être retournées. ' L'Aube et la Marne sont les plus touchées par les dégâts de gel. 1 000 à 1 500 ha ont été détruits dans la Marne et 1 000 à 5 000 ha dans l'Aube, signale l'Institut technique de la betterave. Les parcelles semées entre le 10 et le 21 mars ont été les plus touchées, en particulier sur les sols à la structure aérée. Des dégâts sont signalés en Auvergne (environ 250 ha) et en Alsace. ' Ailleurs, plus de peur que de mal, même si quelques pieds sont endommagés.







  • agrandir
  • réduire


SERVICES EXPERTS

Je suis abonné(e),

Mon identifiant :
Mon mot de passe :  
| Aide |
Identifiants oubliés ?
Comment s'inscrire sur le site ?
Toutes les offres d'abonnement
Feuilletez un ancien numéro

SONDAGE

Blé : quelle option avez-vous, ou allez-vous, privilégier pour la commercialisation de votre récolte 2012 ?

Tous les Sondages
NEWSLETTER

Retrouvez
tous les
numéros de
La France Agricole
Aujourd'hui

Archives de
La France Agricole

Recherchez

dans les archives de la France Agricole et

Feuilletez

les numéros depuis 2004

Suivez La France Agricole :

Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles

Découvrir nos Offres

Les publications du Groupe France Agricole