Publié le vendredi 11 avril 2003
Jean-Bernard et Jean-Michel Jeannin ont investi dans des bâtiments fonctionnels et du matériel d'élevage afin de réduire les tâches manuelles.
Les deux associés du Gaec de Lally à Saint-Léger-du-Bois en Saône-et-Loire n'ont pas laissé passer l'occasion de construire une structure unifiée. L'opportunité d'une reprise de 90 ha près du siège de l'exploitation leur a permis de regrouper en un site d'un seul tenant bâtiments et pâturages. Parallèlement, ils ont abandonné une ferme de 60 ha située à 5 km. ' En ayant les animaux sous la main, nous avons réduit les frais de transport et économisé notre énergie ', affirme Jean-Bernard Jeannin. L'hiver, les associés pratiquent un système de garde. A tour de rôle une semaine sur deux, Jean-Bernard et son frère cadet Jean-Michel assurent la surveillance des vêlages et des agnelages durant la nuit.Les vaches allaitantes sont logées dans deux stabulations libres. L'ancienne étable entravée sert aujourd'hui à l'engraissement des vaches de réforme et à l'infirmerie. L'exploitation s'est équipée d'une mélangeuse-distributrice afin de gagner du temps l'hiver. Depuis le départ à la retraite de leur père Jean, Jean-Bernard et Jean-Michel ont modifié le mode de distribution d'alimentation des bovins en ne servant qu'une ration par jour. ' Avec l'ancienne désileuse, nous passions quatre fois pour soigner les bêtes ', explique Jean-Bernard. La nouvelle machine permet de gagner 1 h 30 par jour. Avant le vêlage, les vaches sont alimentées avec de l'herbe ensilée et enrubannée. L'exploitation produit des broutards alourdis de 500 kg de poids vif. Ils sont vendus en Italie entre le 15 octobre et la fin mars. La troupe de brebis charollaises produisant des agneaux d'herbe procure un revenu complémentaire au Gaec. Les animaux sortent au pâturage toute l'année. L'agnelage a lieu à partir du 20 janvier jusqu'au 15 avril. En hiver, les brebis rentrent la nuit dans les anciennes écuries réaménagées en bergerie. Dans la région humide de l'Autunnois-Morvan, les ovins remplacent un passage de herse à prairies. Les agneaux de sept mois sont vendus à 21 kg/carcasse en août et septembre. ' Nous n'avons jamais changé notre politique en matière d'élevage bovin et ovin malgré les dernières crises. Nous avons continué à élever des broutards. Nous avons même augmenté l'effectif ovin ', souligne Jean-Michel. L'été, la proximité des pâturages facilite la complémentation des veaux au pré, l'apport de l'eau dans certaines parcelles et la surveillance des animaux. Lorsque les bêtes sont mises à l'herbe, le temps disponible est utilisé à sortir le fumier et cultiver le triticale, l'avoine, l'orge et le maïs autoconsommés. La moissonneuse-batteuse et l'ensileuse maïs, difficilement amortissables sur l'exploitation, appartiennent à une Cuma. Seul l'ensilage d'herbe est réalisé par un entrepreneur. ' Nous n'arrêtons pas d'investir. La fin du remboursement du prêt bâtiment de 1986 a permis de racheter les parts sociales de Jean ', précise Jean-Bernard. Lorsque le Gaec a construit la première stabulation libre avec une aire raclée et deux silos couloirs, une tonne à lisier a été acquise par la Cuma. Dix ans plus tard, à l'occasion de la mise aux normes, l'aire raclée a été supprimée. L'ensilage d'herbe a été réduit au profit de l'enrubannage. L'exploitation s'est équipée d'une presse à balles rondes. L'enrubanneuse a été achetée en commun avec les six autres agriculteurs de la commune. Un seul silo sert à l'ensilage. Le second est désormais utilisé pour stocker les balles rondes plastifiées. Depuis le passage à l'herbe enrubannée, les associés ont constaté une amélioration de la propreté des animaux. Le fourrage est plus sec, la litière tient plus longtemps. L'exploitation doit, tout de même, acheter une centaine de tonnes de paille par an. Depuis que la seconde stabulation libre est finie de payer, les associés du Gaec ont acheté un chargeur télescopique et un minichargeur pour curer les anciens bâtiments aux ouvertures étroites. ' Nous investissons par roulement tous les six ans en ne dépassant pas 30 500 € (200 000 F) d'annuités. Notre exploitation est convenablement structurée pour assurer à deux le travail. Nous avons bien fait de continuer la production ovine car les moutons rapportent autant que les bovins. Dans cinq à six ans, on espère pouvoir intégrer deux enfants actuellement en formation agricole. Nous pourrons alors augmenter la taille du troupeau de moutons à cette occasion ', suggère Jean-Bernard.
CHARLES-HENRI POUZET
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