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La France Agricole numéro 2981

Le val de Saône s'oppose à Natura 2000

Publié le vendredi 18 avril 2003

Les agriculteurs riverains de la Saône en amont d'Auxonne (Côte-d'Or) ne souhaitent pas être intégrés au programme Natura 2000.

La profession est en alerte depuis que la préfecture a annoncé la réouverture du dossier dans le secteur du val de Saône. Le site situé sur les cantons d'Auxonne et Pontailler-sur-Saône comprend 7 500 ha dont 3 096 ha de SAU. Il avait été rejeté en 1998 par les agriculteurs.
Déclarant dernièrement un ' On n'y échappera pas ', le préfet de région a semé l'émoi. En fin d'année 2002, le ' groupe des neufs ' (associant les agriculteurs, les propriétaires forestiers et les chasseurs) a manifesté son opposition au projet tout en proposant de poursuivre les mesures actuellement engagées de préservation de la biodiversité. ' Accepter la validation du site, c'est signer un chèque en blanc pouvant avoir de graves conséquences. La concertation sur les mesures ne se met en place qu'après la désignation de la zone. Nous ne sommes pas d'accord sur le principe et le contenu de la procédure ', explique Yves Asdrubal, agriculteur à Talmay.

Certes, le comité de pilotage local devrait avoir la possibilité de définir certaines actions, mais des directives européennes nouvelles peuvent être imposées plus tard. ' Nous pouvons avoir des mesures acceptables au départ puis plus tard de nouvelles qui compromettraient la performance économique des exploitations. Remettre en prairies des terres cultivées depuis trente ans n'est pas envisageable. Nous tenons à préserver notre potentiel de production en blé, maïs et soja ', souligne Rémi Moniot, agriculteur à Heuilley-sur-Saône.
Les agriculteurs proposent la mise en place de démarches volontaires face aux enjeux environnementaux. Ils ne croient pas au maintien sur le long terme des compensations financières annoncées.


Un secteur fragile
Le site englobe une immense surface de terres fertiles en vallée. L'agriculture de type polyculture-élevage est économiquement fragilisée par une zone inondable. Des investissements hydrauliques ont été réalisés induisant des remboursements conséquents. La populiculture, le maïs, le soja et le blé sont sur la sellette.

CHARLES-HENRI POUZET


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