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La France Agricole numéro 2878

L'implantation à 90 cm : une majorité d'avantages

Publié le vendredi 16 mars 2001

Compatible avec les voies de tracteur, limitant le verdissement des tubercules et les chocs à la récolte, l'écartement des buttes à 90 cm séduit de plus en plus. Mais cette pratique ne convient pas à toutes les exploitations.

La question de l'écartement, 75 ou 90 cm, lors de la plantation des pommes de terre est de plus en plus souvent posée aux techniciens. ' Il est vrai que, depuis quelques années, une tendance se dessine, confirme Michel Martin de l'ITCF-ITPT. Avant, la stratégie ' 75 cm ' dominait. Aujourd'hui, je pense que les deux systèmes sont utilisés dans les mêmes proportions. ' Même si, dans l'ensemble, l'option ' 90 cm ' dégage plutôt des avantages, la décision d'opter pour tel ou tel écartement doit se raisonner en fonction de l'organisation globale de l'exploitation et en particulier, selon le débouché.

' Cette problématique est abordée lors de l'achat ou du renouvellement du matériel de l'exploitation, poursuit Michel Martin. Compatible avec les voies de tracteur et de pulvérisateur de 1,80 m, largement rencontrées en zone betteravière, l'option ' 90 cm ' est souvent retenue car elle assure dès lors une meilleure intégration de la culture dans le contexte de l'exploitation. ' Théoriquement, l'implantation à 90 cm entraîne un gain des temps de travaux : pour une surface égale, le nombre de rangs à planter est réduit. Ainsi, si l'on considère les différentes étapes de la plantation à l'arrachage, le gain de temps est estimé à 15 %. ' Mais attention, dans les sols trop lourds et en cas de récolte difficile, la stratégie ' 90 cm ' peut, à l'opposé, vite devenir un gros handicap. En plus de la planteuse, il conviendra donc peut-être aussi d'adapter le matériel de récolte. '
Le passage de 75 à 90 cm, conduisant à un volume de terre dans la butte plus important, permet d'éviter le verdissement des tubercules en fin de végétation.

' Cette masse de terre joue aussi un rôle protecteur vis-à-vis des tubercules lors des opérations de récolte en limitant les chocs et les risques d'endommagement, constate Michel Martin. Mais ce n'est pas tout. Il a été montré qu'une telle pratique pouvait aussi réduire les risques de contamination par le mildiou. En effet, l'entraînement des spores par la pluie est freiné par le volume de terre : celles-ci auront donc plus de difficultés à se développer et l'extension de la maladie d'un tubercule à l'autre sera réduite. ' De plus, hormis la nécessité d'assurer un buttage plus progressif pour permettre le réchauffement du sol après la plantation, les essais ont montré des résultats équivalents en terme de productivité et de répartition des calibres, comparés aux écartements à 75 cm. Dernier conseil de Michel Martin : ' La densité de plantation doit être adaptée à l'écartement. Ainsi, à 90 cm, elle ne doit pas dépasser 42 000 pieds/ha alors qu'à 75 cm, l'agriculteur peut planter jusqu'à 50 000 pieds/ha '.



Anne Gilet


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