Publié le vendredi 16 mars 2001
David Crosnier a revu l'ensemble de ses méthodes de travail et renouvelé une bonne partie du matériel afin de pouvoir gérer seul les cultures.
Jeune agriculteur, installé sur la commune de Choué dans le Loir-et-Cher, David Crosnier travaille en Gaec sur une exploitation familiale de 320 ha de polyculture-élevage. Son père, très occupé par l'élevage, est rarement disponible pour le travail aux champs. Cultivant en méthodes traditionnelles avec labour et herse rotative, il ne pouvait assumer seul la gestion de la partie polyculture. En 1997, il décide de changer de méthodes de travail et renouvelle ainsi une grande partie de son parc matériel.' Après de nombreuses visites d'exploitation et fort des conseils d'utilisateurs, j'ai choisi d'acheter un Horsch Sem-exact de 3 mètres. Pour éviter toute tentation de retour en arrière, j'ai revendu la même année un tracteur, avec une charrue, un cover-crop et mon combiné de semis. Très rapidement, j'ai compris l'intérêt économique et agronomique de cet outil pour mes sols et mon assolement. Une grande partie de mes terres sont composées de limons battants, avec présence de silex. Les parcelles sont drainées à 95 %. Avec cet outil, j'obtiens une stabilité structurale qui me permet d'intervenir plus souvent sur des sols fragiles et limite à travers le mulchage les problèmes de battance. ' David Crosnier a revu, poste par poste, le temps de travail passé à l'hectare : celui-ci a été diminué par deux. ' Cette année, il m'a fallu sept jours pour semer 150 ha de blé, là où j'aurais mis le double de temps pour obtenir un résultat de levée bien inférieur. En matière de pulvérisation, l'achat du Spra-coupe m'a fait aussi gagner un temps considérable, avec une qualité de pulvérisation bien plus importante. Pour une parcelle de 24 hectares se situant à 20 kilomètres de l'exploitation, il me fallait auparavant quatre heures de travail (une heure aller, deux heures de pulvérisation, une heure retour). Aujourd'hui, ce même chantier ne me prend plus que deux heures avec le trajet. Pour déchaumer, j'utilise une herse étrille Brant de 12 m, achetée en commun avec un voisin. Je ne déchaume que les terres prévues pour le colza, afin de faire mûrir mes pailles et de mettre en surface les oeufs de limace. J'effectue deux passages croisés. Il me faut en moyenne deux à trois jours de travail pour préparer mes 110 hectares de colza. Pendant la moisson, je prends un stagiaire qui transporte la récolte jusqu'au siège de l'exploitation où je dispose d'un stockage en cellules. J'ai conservé un tracteur de 90 ch âgé de 25 ans pour la moisson. Equipé d'un mât télescopique sur le relevage, il approvisionne aussi le chantier de semis avec des ' big bag '. Avant, quand je labourais, il me fallait un mois pour ramasser les cailloux. Aujourd'hui, je consacre ce temps à l'information. Derrière le gain de temps, David Crosnier a très vite constaté l'économie réalisée. Un bilan largement positif tempéré, cependant, par quelques soucis : ' Mes charges de carburant sont passées de 60 litres/ha à 35 litres/ha, et j'ai considérablement diminué mes charges de mécanisation. De plus, j'ai augmenté mes rendements de 10 à 20 % selon les cultures, et avec une nette amélioration dans les taux de protéine. En aucun cas, je ne ferais marche arrière, même si certains éléments ne sont pas très favorables. En effet, avec ce système de travail où j'essaie de compresser les charges, je suis pénalisé par la pression fiscale et sociale (MSA). A cela viendra s'ajouter lors de la retraite de mon père une diminution des aides Pac par la modulation. Décidément, la performance n'est pas encouragée ! '
Eric Victor
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