Publié le vendredi 31 janvier 2003
L'école Saint-Joseph à Levier voulait réaliser une opération de prévention sur le tabac, l'alcool et la drogue. La MSA du Doubs lui a proposé une aventure riche mais exigeante.
La Mutualité sociale agricole du Doubs a créé il y a dix ans un poste de chargée d'éducation pour la santé confié à Monique Heriot-Dintroz. ' La santé c'est un bien-être mental avant tout. Cela ne passe pas forcément par les médicaments. En renforçant la capacité des jeunes à répondre aux exigences de la vie, notamment en les aidant à communiquer, à gérer leur stress, leurs émotions, en développant leurs relations avec les autres personnes, nous sommes dans notre rôle d'éducation à la santé. 'Et c'est ainsi que, la Mutualité sociale agricole, la Mutualité française, la Fondation de France et le comité départemental d'éducation à la santé se sont retrouvés sur la ligne de départ d'une action théâtre forum au côté des enseignants et élèves volontaires de l'école Saint-Joseph. Le budget de l'action s'est élevé à 22 868 € (150 000 F) en 2001-2002. La vingtaine d'élèves et les huit adultes volontaires du lycée ont travaillé une semaine par trimestre avec un professeur de théâtre assistée d'une psychologue. Les acteurs ont préparé chaque semaine cinq scènes de deux à cinq minutes, sans texte écrit : une punition collective, un enseignant qui apostrophe durement un élève, la difficile intégration d'un élève dans une classe, la conduite après prise d'alcool, le conflit entre ceux qui suivent une filière bovins et ceux qui ont choisi les chevaux... A l'issue d'une semaine de travail, les élèves présentaient aux autres élèves, aux enseignants et la dernière semaine aux parents, leurs scènes qui peuvent être interrompues et rejouées par un spectateur qui devient alors acteur, d'où le nom de théâtre forum. Cette action a été très appréciée des acteurs enseignants comme élèves. Ils disent avoir acquis une meilleure maîtrise de leurs stress et de leurs émotions. Elle a plus diversement été accueillie par les autres membres de la communauté éducative qui ont pour certains regretté les emplois du temps bouleversé, la perte de temps et qui au final se sont peu déplacés pour voir le résultat. En revanche les adultes participant ont noté avec plaisir l'évolution des jeunes acteurs, la diversité et la richesse des histoires, les débats nourris provoqués ou encore la prise d'assurance de certains jeunes jusque-là effacés. ' L'action avait un financement pour deux ans encore. Mais pour l'instant l'école ne donne pas signe de vie au risque de décevoir les jeunes, regrette Monique Heriot-Dintroz. Certes cette expérience est exigeante mais riche d'enseignement et de progrès pour tout le monde. Les histoires vécues mises à jour sont tellement éclairantes. '
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