Publié le vendredi 12 janvier 2001
Distribuer la même quantité de concentré sur toute la période de production ne répond pas totalement aux besoins des animaux. Une étude décompose la lactation en quatre étapes et propose un jalon adapté à chacune.
' La distribution de concentré doit être raisonnée saison par saison, en fonction du stade de lactation des animaux et de la productivité par vache ', résume Charles Bolot, du contrôle laitier de Côte-d'Or. Une étude ' halte au gaspillage ' a été réalisée par l'Institut de l'élevage et les groupes Pool lait (Côte-d'Or, Ile-de-France, Champagne-Ardenne), Actelait (Bourgogne) et Rosace (Centre et Allier). Elle donne quatre repères successifs sur la lactation pour chaque système de production afin d'utiliser au mieux le concentré. Ils sont établis à partir de courbes de lactations modélisées, sans pic. Le système maïs dominant et vêlages groupés est détaillé ici. Le système se caractérise par une distribution de fourrages conservés toute l'année et des vêlages groupés. Soixante-quinze pour cent des mises bas ont lieu d'août à novembre et 80 % des primipares vêlent sur trois mois. La ration a été calculée sur un niveau moyen des multipares en début de lactation de 37 kg et pour une production moyenne par vache de 8 300 kg. Le taux de couverture énergétique est de 93 %. En milieu et fin de lactation, il varie de 101 à 105 % pour reconstituer les réserves. Des coproduits peuvent être substitués à une part du maïs (1 à 3 kg de MS) et l'ensilage d'herbe peut représenter jusqu'à 20 % des fourrages.' Les quantités préconisées visent l'expression du potentiel, c'est-à -dire une économie de concentré, sans baisse de production, précise Charles Bolot. Les animaux doivent disposer de fourrages de qualité à volonté et de bonnes conditions de logement, avec notamment une place à l'auge par animal. Si les stocks fourragers sont insuffisants, l'éleveur devra sans doute adopter une autre stratégie alimentaire. ' L'étude a déterminé des niveaux de concentré énergétique (blé) et azoté (soja) par période. Lorsque la quantité globale de concentré distribuée est plus importante que les préconisations, les aliments doivent être convertis en équivalents blé et soja pour déterminer la nature du concentré à modifier. Par exemple, un aliment vache laitière (VL) à 150 g PDIE correspond à 41 % de soja et 59 % de blé. En début de lactation, le repère de concentré est fixé à 7 kg par vache et par jour, soit 3 kg de concentré énergétique (225 kg par 75 jours) et 4 kg de concentré azoté (300 kg par 75 jours). Si un éleveur distribue 6 kg de VL à 150 g PDIE et 3 kg de soja, il dépasse le repère de 2 kg. Or les 6 kg de VL correspondent à 2,5 kg de soja et 3,5 kg de blé. L'éleveur distribue donc 0,5 kg de concentré énergétique et 1,5 kg de concentré azoté en trop. 'Parallèlement à la modélisation, nous suivons une centaine d'exploitations qui se situent dans le repère optimal de concentré sur l'année, précise Charles Bolot. Ce suivi nous permet de valider le référentiel et d'apporter des éléments plus pratiques. ' ' Le suivi a débuté le premier octobre 2000 et se poursuivra jusqu'au 30 septembre 2001. Un suivi plus léger sera sans doute mis en place l'année suivante, pour confirmer les résultats qui, sur une seule année, pourraient être influencés par la qualité des fourrages, ajoute Charles Bolot. Cette année, nous allons, entre autres, enregistrer les rations, les peser régulièrement, analyser les fourrages, relever les données de production et de reproduction. '
Béatrice Jay
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