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La France Agricole numéro 2962

Varier les origines génétiques

Publié le vendredi 29 novembre 2002

Si la situation des principales races laitières n'est pas alarmante, une augmentation importante de la consanguinité dégraderait la fertilité et les performances des animaux.

La consanguinité moyenne se situe aux alentours de 3 % en prim'holstein, montbéliarde et normande, souligne Sophie Moureaux, de l'Institut de l'élevage. Il serait délicat de comparer la consanguinité moyenne des trois grandes races laitières nationales, car les connaissances généalogiques sont très différentes. Depuis 15 ans, l'augmentation de la consanguinité suit un rythme lent et constant de 1 % par intervalle de génération. Mais si des mesures ne sont pas prises, la situation pourrait vite s'aggraver les prochaines années. '
De la consanguinité ' éloignée ' est observée dans les élevages. Celle-ci est due à un très faible nombre d'ancêtres majeurs dans ces populations. ' Il est souhaitable d'utiliser dans son troupeau tout le panel des taureaux en service, plutôt que de privilégier les deux ou trois meilleurs géniteurs de la race ', conseille Sophie Moureaux.

Dans les programmes de sélection, une limitation du nombre de fils par père à taureaux mis en testage réduirait le risque d'accroissement de la consanguinité. ' A l'échelle d'un pays, un père à taureaux devrait contribuer au maximum à un quart d'une série de testage, reprend Sophie Moureaux. En race normande, le nombre de fils d'un même père est limité à 50. En montbéliarde, il est de 60. En prim'holstein, certaines unités de sélection ont également cette politique. '
Des études menées par l'Institut de l'élevage ont montré qu'un taux de consanguinité non maîtrisé dans un troupeau pouvait avoir de lourdes répercussions.

Son augmentation se traduit par une baisse de la production laitière, de la fertilité et de la longévité. Le pic de lactation est inhibé et la vache perd sur une lactation entre 25 et 35 kg de lait pour 1 % de consanguinité en plus. L'intervalle vêlage-vêlage augmente en moyenne de 4 jours chez un animal très consanguin. Cette baisse de la fertilité a des conséquences sur la longévité de l'animal. La durée de vie productive de l'animal sur l'exploitation est réduite de 13 jours par point de consanguinité.
' Au sein des races, les conséquences à court terme sont les risques de diffusions d'anomalies, reprend Sophie Moureaux. Une tare génétique peut se répandre rapidement dans une population, si un taureau porteur est utilisé massivement. A plus long terme, la variabilité génétique risque de fléchir. Dans ce cas, la race s'adaptera moins facilement à un changement d'objectif de sélection. '




LIONEL SIMERMAN


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