Publié le vendredi 12 janvier 2001
Les exigences des industriels de la filière brassicole évoluent, et, avec elles, les contraintes de production.
Comme tous les produits destinés à la consommation humaine, la bière fait l'objet d'une attention toute particulière en matière de sécurité alimentaire. Inquiétés par les récentes crises qui touchent d'autres secteurs, malteurs et brasseurs se montrent très vigilants sur la qualité de l'orge de brasserie, matière première unique et non substituable.Les exigences des malteurs sont surtout portées sur des critères de qualité comme le taux de protéines, le calibrage ou la germination. Leur souhait étant d'obtenir un produit standard, correspondant le mieux possible aux exigences de la transformation industrielle. Ce qui attend désormais le producteur est un renforcement des contraintes liées à la sécurité alimentaire. Bon nombre de céréaliers ont déjà mis en place une traçabilité sur leur exploitation. Mais demain, l'aval de la filière exigera une traçabilité totale de sa matière première. Ainsi, chez Malteurop, pour la récolte 2002, ne pourront rentrer dans les usines que des orges produites à partir de semences certifiées. Le producteur devra en outre appliquer chez lui les différents points de la charte de production. Une troisième clause imposera à l'agriculteur de remplir des fiches parcellaires détaillant l'ensemble de ses pratiques. Fiches qu'il conservera sur son exploitation mais qu'il devra fournir en cas de contrôle effectué par son organisme stockeur ou bien par l'acheteur final. ' Les brasseurs demandent de plus en plus de garanties et de traçabilité, explique Nicolas Laigle, du Groupe Soufflet. Nous mettons donc en place des contrats de type Préver. Ce genre de démarche devrait rapidement prendre de l'ampleur en orge de brasserie. L'utilisation de semences certifiées est sans doute la contrainte la plus importante de ces contrats, mais les autres points sont généralement bien acceptés par les producteurs. ' Les industriels de la brasserie et de la malterie se sont également penchés sur les risques liés à la présence de résidus phytosanitaires sur les orges. Ils ont établi, en concertation avec la profession agricole et les firmes, une liste dite ' positive ' des produits de traitement qui peuvent être employés pendant la phase végétative ou lors du stockage. Ainsi, depuis 1996, les produits nouvellement homologués sont testés par l'IFBM (2) qui mesure leurs répercussions sur la qualité de la bière. Les produits homologués avant 1996 n'ont pas été testés et figurent actuellement sur la liste. Mais d'ici à 2002, chacun d'entre eux devra passer avec succès les tests IFBM si la firme souhaite qu'il reste inscrit. Dans la pratique, cette liste positive n'exclut pas de matière active intéressante. Mais, avant tout achat, il convient de s'assurer auprès de son distributeur que le produit que l'on veut utiliser en fait bien partie car, actuellement, aucune mention ne figure sur l'étiquette. (2) IFBM : Institut français de la brasserie malterie.
Denis Lehé
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