Publié le vendredi 25 octobre 2002
Pour compléter le revenu de leurs 48 ha de céréales, Annette et Aimé Malié ont monté un atelier de production de dindes croisées avant de transmettre l'exploitation à leur fils Eric.
Cet été, un bâtiment d'élevage a poussé sur l'exploitation de la famille Malié, à Giroussens dans le Tarn. Constitué d'un tunnel isolé par de la laine de verre, il est posé sur un soubassement en béton et couvre 400 m². De couleur verte, il s'intègre très bien dans le paysage. ' Il abrite une bande de 3 000 dindes, décrit Eric Malié. Les animaux ont accès librement à un parcours enherbé de 4 000 m². La croissance est ralentie et l'indice de consommation augmenté, mais c'est important pour leur bien-être et pour la qualité de la viande. ' Il attendait pour s'installer de trouver des terres en complément des 48 ha détenus par sa mère, bientôt à la retraite. ' Dès qu'une parcelle se libère, tout le monde se jette dessus. Le Groupe coopératif occitan (GCO) est en train de lancer une production de dindes ' bronzées ' sur parcours. Nous avons décidé de partir sur ce type d'élevage plutôt que d'attendre une opportunité foncière. 'La dinde ' bronzée ' est issue d'un croisement entre la dinde blanche et la dinde noire fermière. De la première, elle a pris le potentiel de croissance, et de la seconde la rusticité. ' Le cahier des charges prévoit l'utilisation d'un aliment 100 % végétal contenant au moins 65 % de céréales. Les animaux, élevés sur une litière de paille et de copeaux, sortent sur parcours à partir du 42 e jour. A l'abattage, les femelles doivent peser environ 5,8 kg à 84 jours, et les mâles 11,5 kg à 112 jours. ' L'investissement s'est chiffré à 41 000 € (270 000 F) tout compris. Des panneaux translucides laissent entrer la lumière du jour. L'aération se fait naturellement grâce à des volets latéraux. Leur ouverture est régulée automatiquement, de même que la température. La distribution de l'alimentation est automatisée. Avec 2,7 bandes de 3 000 dindes par an, l'objectif est d'atteindre une marge, avant MSA et impôts, de 19 €/m² (125 F), ce qui représente un revenu annuel de 7 600 € (50 000 F). Le bâtiment répond aux normes du label rouge et pourrait être utilisé aussi bien pour du poulet que pour du canard par exemple. ' Si le marché évolue, je pourrai m'adapter sans avoir à réinvestir. Sur une petite exploitation, c'est important ', estime Eric. Côté travail, une fois la bande mise en place, la surveillance ne nécessite qu'une à deux heures par jour. ' Je pourrais mener l'atelier seul en parallèle des céréales. En associant les deux, je devrais gagner à peu près l'équivalent du salaire que je touche aujourd'hui dans la laiterie où je travaille, mais avec une autre qualité de vie. Fini les 3 x 8! '
FRÉDÉRIQUE EHRARD
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres