Publié le vendredi 11 octobre 2002
En élevage laitier, amélioration des performances de production ne rime pas avec bons résultats de reproduction. Le recul de la fertilité du troupeau laitier français est certes moins accentué qu'il y a dix ans, mais aucun des indicateurs ne laisse entrevoir une quelconque inversion de la tendance. Trois causes principales ont été mises en évidence dans les différentes études menées sur le sujet : l'alimentation, les problèmes sanitaires et la conduite d'élevage. Selon une enquête effectuée par le contrôle laitier d'Ille-et-Vilaine, département qui détient le plus gros effectif de vaches laitières en France, le déficit énergétique durant les premières semaines de lactation et la complémentation minérale viennent en tête des causes alimentaires d'infertilité. Suivent l'alimentation de la vache tarie, la complémentation azotée et les problèmes métaboliques.Sur le plan sanitaire, l'infertilité découle surtout des interventions trop musclées lors du vêlage, des non-délivrances et des involutions utérines souvent trop lentes, propices au déclenchement d'une métrite. A noter que ces deux dernières causes ont un lien avec l'alimentation. Une vache trop grasse au vêlage connaît davantage de difficultés de mise bas. Différentes carences en minéraux et oligo-éléments jouent sur la tonicité des muscles utérins. Enfin, la conduite d'élevage, et notamment le temps que l'éleveur consacre à la surveillance des chaleurs, se pose comme un élément de plus en plus déterminant dans les résultats de fertilité d'un troupeau. Les vaches se montrent dans l'ensemble plus discrètes qu'avant dans la manifestation de leurs chaleurs. Dans le même temps, l'agrandissement des structures se traduit par une moindre disponibilité des personnes. Nombre d'éleveurs en ont d'ailleurs fait l'expérience : il suffit d'une période de gros travaux, comme la mise aux normes ou la construction d'un bâtiment, pour que les résultats de fertilité du troupeau accusent le coup.La fertilité ' naturelle ' des vaches s'est réduite durant ces vingt dernières années. Il appartient à l'éleveur de pallier ce phénomène à travers le choix d'outils et de temps consacré à la surveillance de son troupeau.
Dossier réalisé par Émilie Orieux et Rémy Serai
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