Publié le vendredi 23 février 2001
Le Salon international de l'agriculture 2001 est devenu le rendez-vous de la fête impossible. Les éleveurs tentent de renouer avec les consommateurs pour juguler les méfaits de la crise bovine.
Au Salon, nous mettons en avant notre travail. Les visiteurs voient bien ce que mangent nos vaches. Les consommateurs nous comprennent. Ici, dans notre fief, nous nous serrons les coudes ' explique Jean-Yves Maugain, de Pontarlier, venu présenter Lubie, vache en quatrième lactation, au concours national des Montbéliardes. Partout les éleveurs sont sur le qui-vive. ' Ça va, affirme Jean-Luc Chauvet, producteur de mouton sous label, nous savons ce que nous avons fait : notre production est tracée depuis 1996. Quand un visiteur nous interroge, nous expliquons que leur boucher peut tracer toute sa viande. Bientôt, nos cahiers des charges vont devenir des cahiers de décharges pour le reste de la filière '. Alternées en sandwich entre les rangées d'animaux, les grandes surfaces s'appuient ostensiblement sur ces fameux cahiers pour parler aux consommateurs de traçabilité et de santé.Seul Mac Key, fournisseur de McDonald en steak haché, s'adresse uniquement aux éleveurs, stratégie de reconquête oblige: ' Nous voulons leur expliquer que nous travaillons avec 48 000 éleveurs qui souvent ne le savent pas. Nous prenons 50 kilos par bête sur les quartiers avant. 70 % de nos sandwichs sont au boeuf. Nous sommes légitimes pour ce que nous représentons ', explique Eric Gravier, vice président des achats chez McDonald France. Message reçu, mais pas de la bonne oreille, par les jeunes agriculteurs de Rhône-Alpes qui ont ouvert un éphémère ' Mac Marcel ' proposant ' de vrais produits du terroir '. Daniel Grémillet, président de la chambre des Vosges va plus loin : ' Ce n'est pas McDo qui me gêne mais la présence écrasante de toutes les grandes enseignes de la distribution. Ici, nous devrions exposer avant tout ce qui fait la richesse paysanne, nos savoir-faire et nos territoires. Ici, les éleveurs qui montrent ce qu'ils font de mieux, tiennent debout ensemble malgré la crise. C'est notre fête de famille, celle que les visiteurs attendent '.
Marie-Gabrielle Miossec
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