Publié le vendredi 06 septembre 2002
Marie-Anne et Jean-Yves Garnier cultivent du lupin d'hiver depuis trois ans. Nécessitant peu d'intrants, cette culture doit être semée précocement pour qu'elle puisse bien se développer avant l'hiver.
En 1993, nous avons repris 17 ha de terres et il fallait trouver une culture qui s'intègre bien dans notre assolement. Nous avons décidé de produire du lupin car nos sols de limons argileux drainés le permettaient ', expliquent Marie-Anne et Jean-Yves Garnier, producteurs à Mésanger (Loire-Atlantique). Après avoir cultivé durant sept ans des variétés de printemps, ils ont opté depuis 1999 pour le lupin d'hiver. ' La mise en place du lupin de printemps est compliquée. Il faut le semer tôt, dans un sol très ressuyé, et les rendements sont très irréguliers, de 10 à 30 q/ha, racontent-ils.Cette année, avec les variétés d'hiver (Lunivers et Ludet), nous avons atteint 28 q/ha, après deux ans à 20 q/ha. ' Pour eux, le lupin d'hiver présente beaucoup d'avantages : il fixe l'azote de l'air, limitant les apports pour les cultures suivantes, et il casse les cycles de graminées estivales, notamment la folle avoine, dans les céréales et le maïs. Il est aussi peu pénalisé par les conditions sèches de fin mai-début juin. Sur les 86 ha que compte l'exploitation (dont 35 ha de céréales, 15 ha de maïs, 8 ha de tournesol, 2 ha de pois et aussi des prairies), le lupin d'hiver représente plus de 8 ha non irrigués. Marie-Anne et Jean-Yves Garnier produisent eux-mêmes une partie des semences. Cette année, 7 000 m² étaient consacrés à des essais (une dizaine de variétés dont Luxe) avec la Cana, coopérative qui tente de promouvoir cette culture dans le Grand-Ouest. ' L'itinéraire est simple. Après un labour pour limiter l'apparition du ver de la mouche, nous semons tôt (25 grains/m²), vers la fin septembre, afin de diminuer les risques de gel racinaire hivernal ', indique Jean-Yves. En effet, pour résister au froid, la racine (la plus sensible) a besoin d'avoir un diamètre suffisant. Les semences de ferme sont traitées à l'iprodione pour limiter les risques d'anthracnose, maladie la plus préjudiciable sur lupin. Un antilimaces (Mesurol à 3 kg/ha) est également appliqué au semis. Ensuite, pour le désherbage, ils interviennent en postsemis-prélevée avec Aubaine (4 l/ha), suivi d'un rattrapage fin mars avec Centurion à 0,4 l/ha + huile à 1 l/ha, afin de lutter notamment contre la folle avoine et les repousses de céréales. Aucun insecticide n'est appliqué et les traitements fongicides se résument à l'application début avril de 0,8 l/ha d'Amistar (contre l'anthracnose), suivie de 0,8 l/ha d'Amistar avec 0,5 l/ha d'Horizon contre la rouille. ' L'an prochain, on pourra se passer du deuxième passage d'Amistar, puisque toutes nos semences seront traitées avec Germipro UFB (iprodione + carbendazime) ', précisent les exploitants. La récolte a lieu à la mi-août et les graines sont stockées à la ferme. Les époux Garnier en broient environ 100 kg chaque jour pour alimenter les 35 vaches laitières de l'exploitation. ' En valeur alimentaire, 3 kg de lupin équivalent à 2 kg de céréales et 1 kg de tourteau de soja, estiment-ils. Le lupin est donc intéressant pour nous, d'autant plus que le tourteau de soja est cher. ' Le contrôle laitier évalue le prix du lupin d'hiver autour des 15 €/q (100 F/q). Le lupin d'hiver permet à Marie-Anne et Jean-Yves Garnier de casser les cycles de graminées estivales dans le blé et le maïs.
ISABELLE ESCOFFIER
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